Filets sociaux : les restaurants communautaires à l’épreuve de la pandémie du Covid-19

Renouvelée chaque deux semaines sur treize (13) sites dans les préfectures d’Agoè-Nyivé et du Golfe, l’opération dénommée « Restaurant communautaire » vise à assurer un repas quotidien aux personnes vulnérables du Grand-Lomé à travers la distribution de repas chauds et de kits alimentaires, et à leur apporter des assistances et des conseils, notamment sur les questions d’hygiène, de santé et de vivre-ensemble.

Du 25 décembre 2019 au 19 mars 2020, huit (08) opérations ont été réalisées, et ont permis de fournir 25.832 repas chauds et 29.287 kits alimentaires de rations sèches composés de riz, de maïs, de gari, et d’huile. Elles ont touché une moyenne de 6.600 bénéficiaires issus de 149 quartiers du Grand-Lomé.

Sans compter les consultations médicales et les médicaments offerts gracieusement par l’Ong Aimes Afrique à plus de 500 personnes sur le site de Nukafu le 21 février 2020, les restaurants communautaires ont toujours animé des sensibilisations au profit des bénéficiaires, dont une, les 18 et 19 mars 2020, sur la prévention de la maladie du Covid-19.

Avec l’avènement de cette pandémie en terre togolaise, et vu les risques de sa prolifération au sein des populations, l’Anadeb, de concert avec les acteurs de mise en œuvre et les communautés ciblées par les restaurants communautaires, a décidé de penser autrement la fourniture des repas.

Le lundi 06 avril 2020 a marqué l’adhésion de toutes les parties prenantes à cette nécessité de poursuivre l’opération dans le respect des mesures barrières et de la distanciation sociale éditées par le gouvernement.

Regroupés en réunion préparatoire pour l’opération à venir du samedi 11 avril, des représentants des ministères chargés de l’action sociale d’une part, et de la santé et de l’hygiène public d’autre part, des conseillers municipaux, des chefs traditionnels, des membres de la plateforme des Comités de développement à la base du Grand-Lomé et deux journalistes (public et privé), se sont accordés, avec l’équipe de la direction générale de l’Anadeb, à son siège à Lomé, sur les nouvelles modalités pratiques de poursuite des restaurants communautaires.

D’après Mazalo Katanga, directrice générale de l’Anadeb, la question qui se pose avec le Covid-19, c’est de savoir comment garantir, à travers les restaurants communautaires, le repas quotidien de chacun des togolais répondant aux critères de vulnérabilité définis, sans que leur effectif sur les sites n’excède le maximum de 15 autorisés par le gouvernement. Il était donc impératif pour l’Anadeb, qui assure l’exécution de ce projet de filets sociaux, de rencontrer les différents intervenants de l’opération, surtout nos partenaires du ministère de la santé pour leur expertise, afin de pouvoir concilier la distanciation sociale, et la fourniture des repas et vivres aux communautés.

« L’objectif pour nous, c’est de redéfinir de nouvelles modalités pratiques pour la poursuite de cette activité dans le contexte de la pandémie du Covid-19. Vu les restrictions qu’impose cette maladie, la vie sociale et économique subira immanquablement un coup. C’est donc le moment plus que jamais pour l’Anadeb de manifester la solidarité nationale tant promue par le Chef de l’État, Sem. Faure Gnassingbé, à nos cibles déjà vulnérables avant la pandémie, afin de soutenir leur résilience, pour qu’elles puissent passer cette phase de notre histoire commune sans beaucoup de peine » : a-t-elle expliqué.

Initialement organisés par groupe de 500 personnes sur chacun des treize (13) sites du Grand-Lomé, les restaurants communautaires mobilisaient à chaque ouverture beaucoup de monde, des veuves sans revenus, des personnes handicapées et des personnes âgées ou atteintes d’une maladie chronique, bénéficiaires comme non bénéficiaires. Ils constituent, pour ces derniers, un cadre très convivial de rencontre, où les interactions humaines sont permanentes, et où la distanciation sociale qui s’impose avec le Covid-19 ne peut être garantie.

Afin donc d’éviter les attroupements, il est notamment retenu de démultiplier les sites d’accueil des bénéficiaires, de suspendre la fourniture des repas chauds, de livrer les vivres dans d’autres quartiers ciblés dans des espaces larges où la distance minimale d’un mètre pourra être observée entre les personnes présentes, et de servir les personnes concernées sur invitation et suivant des horaires précises afin de limiter les effectifs présents au même moment sur chaque site. Il est également convenu de limiter les occasions de rencontre en ramenant à une fois par mois, au lieu de deux, l’ouverture des restaurants communautaires. Ainsi, il est demandé à chaque mairie de dresser, sur la base de ces orientations générales, une procédure concrète de mise en œuvre de la prochaine opération dans sa commune.

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